Lacunes des casques de sécurité industriels
Près de trois casques de sécurité testés sur dix ne répondent pas aux exigences de laboratoire
Une enquête européenne de surveillance du marché portant sur la qualité des casques de sécurité à usage professionnel révèle plusieurs résultats surprenants. Il apparaît ainsi que 19 des 65 casques testés ne répondent pas aux exigences de laboratoire examinées. Si l’on tient également compte des contrôles relatifs au marquage, 46 des 65 casques ne respectent pas entièrement les prescriptions. L’absorption des chocs s’avère notamment être un problème.
JACOP 2025
Le projet européen conjoint de surveillance du marché JACOP 2025 (Joint Actions on Compliance of Products) a mené une enquête sur la sécurité des casques industriels. Dix autorités de surveillance du marché issues de huit pays ont participé à cette enquête, dont le SPF Économie belge. La Belgique a fourni neuf des 65 casques destinés aux essais en laboratoire qui se sont déroulés entre mars et juin 2026. La norme EN 397:2012+A1:2012 a été utilisée à cette occasion.
Constatations notables
20 % des casques présentaient une capacité d’« absorption des chocs » insuffisante
Les casques ont été testés dans différentes conditions : après exposition à des températures élevées, à des températures (très) basses, après immersion dans l’eau et après vieillissement sous l’effet des rayons UV. Treize des 65 casques de sécurité examinés ne répondaient pas aux exigences lors d’au moins un test d’absorption des chocs. Des lacunes ont notamment été constatées après une exposition à des températures élevées et basses. Huit casques ont échoué aux essais à haute température, et cinq à basse température. Des défaillances ont également été constatées après vieillissement aux UV, immersion dans l’eau et exposition à des températures très basses. Certains modèles ont échoué à plusieurs essais.
Deux casques ne répondent pas aux exigences en matière de résistance à la pénétration
La résistance à la pénétration a également été examinée au cours de l’étude. Lors des essais, un « corps de frappe » pointu de 3 kg est lâché d’une hauteur d’un mètre sur un casque. Là encore, les casques ont été préalablement exposés, entre autres, à la chaleur, au froid, à l’eau et au vieillissement aux UV. Deux casques ont échoué au test de résistance à la pénétration.
Sur un tiers des casques, la jugulaire ne répond pas aux exigences
La jugulaire, qui maintient le casque sur la tête et l'empêche de glisser, s'est avérée non conforme aux exigences normatives sur six des dix-huit casques. Cette exigence ne s'appliquait qu'à 18 des 65 casques testés. Pour les 47 casques restants, cette exigence n'était pas applicable.
Le rapport ne précise pas si la fixation se détachait en cas de force de traction trop faible ou trop élevée.
Données, modes d’emploi et déclaration de conformité UE
Outre une série exhaustive de tests, les marquages et la documentation ont également été examinés. Sur 41 casques (63 % des échantillons examinés), les informations faisaient défaut, étaient incomplètes ou erronées. Il s’agissait notamment des données d’identification du fabricant ou de l’importateur, des modes d’emploi et de la déclaration de conformité UE.
Tous les casques ont passé avec succès le test de résistance au feu
Aucune lacune n’a été constatée en matière de résistance au feu.
Conséquences
Les résultats de l’enquête ont conduit au retrait du marché de six produits, à deux rappels et à l’interdiction de vente d’un exemplaire. Les informations contenues dans le rapport ne permettent pas de déterminer précisément de quels casques il s’agit.
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